La Pointe de La Table

La Pointe de La Table

« Le littoral, modelé depuis des millénaires au gré du crachat des laves, se hérisse de caps et de récifs couleur charbon. Au fil des virages, on accède à la Pointe de la Table en prenant la direction du jardin volcanique. Cette coulée de 1986, spectacle apocalyptique, est restée imprimée dans les mémoires.

Cette année-là, les laves du piton de la Fournaise sont sorties de leur enclos pour entrouvrir la terre, l'entailler, l'avaler, avant de se glisser dans la mer. Tout commence le 18 mars, lorsqu'une première éruption surgit à 1 780 m d'altitude, descendant sur 600 m avant de se stabiliser, au lieu-dit des Trois-Frères. Deux jours plus tard, une nouvelle éruption hors enclos, au-dessus du piton de Takamaka, éclate à seulement 1 000 m d'altitude. Une coulée traverse la route nationale dans l'après-midi, et une autre emporte huit maisons sur son passage, encerclant une école. Personne ne se trouve à l'intérieur, bien sûr (aucune éruption de la Fournaise n'a été meurtrière) : les coulées sont lentes (de 5 à 6 km/h), et les occupants ont eu le temps d'être évacués.

Mais trois jours plus tard, l'émotion est à son comble : la nationale se fissure, des fumées s'en échappent. Une coulée de lave se fraye un chemin par dessous, et jaillit par une bouche éruptive entre route et mer. On n'avait jamais vu une éruption à si faible altitude. Journalistes et scientifiques se pressent sur les lieux pour capturer des images incroyables de ces monticules de lave …qui se déversent dans la mer bouillante pendant 8 jours, modifiant le profil de la côte entre la pointe Delcy et la pointe de la Table.

 

Sur le site, de vastes panneaux expliquent les origines de la coulée et l'activité du volcan, montrant bien la forme en fer à cheval de la zone volcanique, et invitant les visiteurs à marcher sur les 30 hectares qui ont agrandi la pointe de la Table. Un spectacle d'autant plus impressionnant que la nature n'a pas perdu de temps pour reprendre ses droits : la surface est déjà couverte de vacoas de plusieurs mètres de hauteur ! »  Petit futé