Le sentier Bottard

en suivant la ravine Saint-Gilles

Un sentier d’histoire et de culture

Le sentier réaménagé en 2015 démarre à l’entrée du théâtre de Saint-Gilles. La petite descente pavée mène directement au jardin botanique en passant devant le pti bon dié et en longeant le canal. A partir du verger Bottard, on suit la ravine. Trois passages à gué seront nécessaires. Faire attention sur les roches glissantes du premier.

Les poètes et les artistes ne sont pas restés insensibles à la beauté de cette ravine.

 

Au XIXème siècle, pour Roussin c’est « Un veritable oasis après le désert », « Le lit de la rivière est étroit et profond dans les hauts. Il va de cascade en cascade formant différents bassins, dont l’eau est si bleue, qu’il faut en prendre dans le creux de la main, pour s’assurer que ce n’est pas une décoction d’indigo. » 

Dans Album de la Réunion, Pierre de Monforand décrit la ravine comme « un paysage splendide, comparable aux sites les plus célèbres ».

Dans Poèmes Barbares, le plus célèbre d’entre eux, Leconte de Lisle chante la Ravine Saint-Gilles.

« De la lave durcie aux fissures moussues,

Au travers des lichens, l’eau tombe en ruisselant,

S’y perd et se creusant de soudaines issues,

Germe et circule au fond parmi le gravier blanc… »

 

Au XXème siècle, il faut bien sûr parler de Jean Albany  chantre de la créolité.

Marie Claude David Fontaine le fait très bien dans dpr 974 :

« Jean Albany  renouvelle notre regard sur la Ravine Saint-Gilles. 

Il fait de la ravine, en particulier dans le poème Manoël…, un paysage d’eau vive, de bassins, d’oiseaux multiples et de végétaux, mais surtout l’espace intime du marronnage et du bonheur d’enfance avec Manoël, ce jeune garçon qui était son « nénain ». …L’espace arpenté devient le lieu de la possession et de la jouissance de la nature. De l’initiation à un vivre créole qui enrichit son univers familier. Avec Manoel, « Nou va chappe marron/ dand’ la Ravine Saint-Gilles ». Pour quoi faire ? Découvrir et observer le monde fascinant des oiseaux et les piéger. Mais aussi pour rêver, imaginer : « Su’lo bord la Ravine/ No l’a seye dovine/ In carrousel dand’ciel. » Bref, aller à la ravine, c’est pénétrer, entre réel et imaginaire, un monde créole vivant, multiple et divers. 

Mais avec Monte chemin Cormoran,… le poète évoque la vie des esclaves attachés à l’habitation sucrière de Madame Panon Desbassyns et vivant dans la proximité de la Ravine Saint-Gilles, du temps où « La roue dand’ Bassin Bleu/ L’a té pencor rouillée ». Albany fait des environs de la ravine, l’espace de la souffrance de l’esclave assujetti, travaillant tel le bœuf Moka, sous la menace du commandeur.

Mont’ chemin Cormoran

Va trouve un cheminée

La rest combien l’années

L’usine Madame Panon