Cap Noir Bras de Benjoin

Le sentier qui allait autrefois à Peter Both est fermé juste après le Cap Noir, lieu idéal pour une baignade en famille. On descend au milieu des cultures maraîchères et des champs de lentilles.

Chères lentilles… 

Connue depuis l’antiquité, la lentille est cultivée depuis les années 1850 dans le cirque de Cilaos, elle est même devenue endémique à Cilaos. La culture des lentilles est surtout traditionnelle, c’est l’occasion de se retrouver en famille et entre voisins pour les semailles et pour la récolte. "A Cilaos, on plante les lentilles, le quatrième mois de l’année, d’avril à juin. Pour faire pousser les lentilles, il faut attendre quatre mois. On sème, on s’en occupe et on ramasse" dit un récoltant. Au moment des semis à la main, il faut chasser "les zoizeaux" qui s’en donnent à cœur joie. Comme c’est une plante fragile il faut s’en occuper, on ne compte pas son temps, la production n’est pas garantie chaque année. En octobre on se retrouve pour la coupe, le battage avec la gaulette, le vannage, le tri et le calibrage avant la mise en sachets pour obtenir une production de qualité. "Pour extraire les petites graines de leurs gousses , il faut des grandes gaules de bois souple et des hommes costauds ! et taper très fort  chacun son tour sur le tas de plants secs ".

 

Depuis quelques années, l’Association de Producteurs de Lentilles de Cilaos a relancé la culture de cette légumineuse en amenant un peu de mécanisation. Malheureusement, la culture dans les îlets n’est pas toujours possible avec le matériel agricole, une majorité de la récolte se fait toujours à la main. Par contre tous les récoltants ont accès au trieur séparateur pour se débarrasser des derniers déchets. "Il y a 10 ans, les lentilles sortaient avec des petits cailloux, il fallait avoir un bon dentiste. C’est fini ce temps-là. Non seulement la table densimétrique permet de se débarrasser des cailloux mais en plus, elle permet un calibrage des lentilles."

Un petit malin qui connaît l’histoire de la route de Cilaos.

Pascal Dijoux doit bien connaître l’histoire de la route de Cilaos, alors comme Monsieur Telmar  qui avait démonté sa voiture pour l’amener au village, lui, il a fait de même avec la batteuse trieuse qu’il a montée en pièces détachées à l’îlet Tomy. " Fini le traditionnel battage à la ‘‘gaulette’’ et le mal de dos. Cette machine nous fait gagner du temps et de l’énergie. Avec mon père nous avons battu 250 kilos de lentilles en deux heures, avant il nous fallait deux jours et beaucoup d’énergie "

Il est vrai qu’elles sont "uniques en leur genre " et "les meilleures du monde "...

Il faut compter 12 à 15 euros le kilogramme de lentilles de Cilaos.