A voir, à faire, à connaître....

​Maison Vallée

Trois siècles d’un domaine agricole : trois familles, trois cultures…

​Au début du XVIII siècle, La Réunion n’est habitée que sur sa partie ouest de Sainte Suzanne à Saint-Paul.  L’extension des terres était mal vue par les gouverneurs de l’époque: ces terres deviendraient incontrôlables.  Pourtant dès 1718, des terrains du sud sont concédés aux colons, d’abord aux Avirons, puis à Saint-Louis. Le gouverneur Desforges Boucher s’installe au Gol.

Pour favoriser la culture du café Moka, il donna des concessions de l’Etang du Gol à la rivière d’Abord. Tous ceux qui attendaient des terres depuis longtemps accourent dans le sud, "le pays des vivres", qu’ils ont appelé Mahavel. Malheureusement, le besoin de main d’œuvre pour la culture du café fut à l’origine de l’esclavage aux Mascareignes.

Le XVIII ème siècle: le café.

La première concession fut attribuée à Jean Charles Dumesnil et Elizabeth Gouzronc, belle-sœur de Desforge Boucher sur le domaine de La Vallée qui fut sans doute la première habitation de Saint-Pierre. Le secteur devient le plus grand lieu de production de café de l’île.

«La culture du café devenait fanatisme : la Compagnie a imposé deux cents plants par tête d’esclaves et a sorti un décret punissant de la peine de mort tout crime d’arrachage ! Sentence jamais exécutée. » Enis Rockel dans Mahavel.

A son apogée, 4000 tonnes de café furent récoltés en 1800. Mais les cyclones, la maladie, la baisse des cours et la concurrence de la canne à sucre firent chuter rapidement la production.

Le XIX ème siècle: le sucre et le canal, la famille Orré.


Au début du XIX ème, Anicet Orré dit « La Vallée » achète le domaine.  A la même période, on construit le canal Saint-Etienne qui amène l’eau du Bras de La Plaine à Saint-Pierre. Une aubaine pour le domaine: le canal apportera l’eau au domaine pour la consommation, pour l’irrigation des terres, pour faire tourner le moulin,  et même au XXème siècle pour fournir de l’électricité.

C’est la période faste de la canne, de nombreuses sucreries sont construites à Ravine des Cabris. On a décompté 29 usines de canne sur Saint-Pierre. On peut encore voir autour de la cheminée de La Vallée, celles de Mahavel, de la Rivière Saint-Etienne, de La Ravine, de Mon repos, de Basse Terre, de Pierrefonds…  

 

Aujourd’hui, les planteurs doivent porter leur récolte à Saint-Louis.

C’est à cette période que fut aménagée la maison pour y donner des réceptions. Tout a une fin et pour honorer ses dettes Anicet Orré le fils dut vendre La Vallée au début du XXèmè siècle.

Aéranthes arachnites

Le XX ème siècle: le sucre, le choka et la famille Hoareau.

Valentin Hoareau rachète le domaine en 1908. Il redonne à Vallée le lustre d’antan,  avec  son fils il amène l’électricité au domaine, diversifie les productions pour pallier aux différentes crises de la canne.  La production de filasse à base de choka (d'aloès) permettait des revenus supplémentaires.  C’est la période des moulins Kader, avec des moyens de transformation assez rudimentaires très polluants pour les cours d’eau et nocifs pour les employés. Gabrielle, la fille de Valentin, héritière du domaine continuera la diversification avec la production de jus de fruits et de confitures… et l’embellissement du domaine.

Malheureusement, le canal s’arrêta de couler et le domaine en subit les conséquences.

Le circuit des cheminées en VTT.

Bassins de rouissage* pour obtenir les fibres d'aloès. Les fibres prenaient une couleur rouge

 

Le jardin et les dépendances du domaine